FRAP1  5 avril 2020

La réunion est organisée en web-conférence en raison de l’épidémie du COVID19

 

Présent.es

Plasticiennes, musiciennes et actrices, philosophe … toutes générations confondues.

 

  • Jocelyne Coster

  • Eveline de Behr

  • Natalia de Mello

  • Sophie Langhor

  • Camille Lavier

  • Karine Marenne

  • Bernard Penners

  • Sylvie Pichrist 

  • Françoise Stella Marquet

 

Ordre du jour

Rencontre et présentations des travaux 

 

Échanges

 

Le groupe

 

Aujourd’hui dans l’enseignement artistique il est évident que la moitié ou plus des élèves sont des étudiantes. Par la suite les artistes femmes deviennent minoritaires dans le milieu professionnel. Quelles en sont les raisons, les conséquences ? … C’est cela que FRAP essaie d’éclairer.

 

FRAP a pour ambition de rechercher une parité dans le secteur et la rencontre entre femmes artistes professionnelles qui se connaissent trop peu et travaillent chacune de son côté.

 

Les actions du groupe sont à construire par le groupe autour des valeurs qui réunissent les membres. 1re proposition : un répertoire de femmes* artistes ?

 

Les membres 

 

Les intérêts pour rejoindre le groupe sont : 

  • Sortir de l’isolement de l’atelier 

  • S’interroger à propos de la capacité d’être une femme artiste dans le monde

  • Adhésion à la notion de résistance comme un signe de la persévérance typique de toute profession 

  • Sensibilité aux féminismeS au pluriel

  • Intérêt pour la question de la temporalité de l’artiste femme

  • Intérêt pour la question du genre dans l’art

  • Intérêt pour mieux comprendre le milieu et le contexte du travail

  • Volonté de parler de féminité

  • Désir de soulever la problématique de manque de liens entre artistes de différentes générations et pratiques

 

Présentation de Eveline de Behr 

 

Mastère en gestion culturelle : divers questionnements être artiste et professionnelle, comment développer la carrière ? Quels paramètres rentrent en ligne de compte ? 

 

Présentation de l’expo « Une chambre à soi ou la réalité du temps fragmenté » Maison des Arts de Schaerbeek Septembre 2019

 

Travail inspiré sur base d’« Une chambre à soi » de Virginia Woolf

Idée centrale : il faut un minimum (espace, finance…) pour développer sa réflexion 

 

Présentation d’objets et d’éléments du quotidien, de souvenirs, de pièces marquantes pour identifier la frontière entre vie personnelle et vie professionnelle. Interroger aussi l’identité de femme artiste et celle de femme. 

 

Le travail exposé montre qu’il existe une interaction forte entre la vie privée et l’œuvre, la création.

 

Discussion « Femme, femme au foyer, mère, femme artiste »

 

Hypothèse de travail d’une des membres du groupe : S’il est généralement considéré que le travail effectué à la maison est gratuit, qu’en est-il de l’artiste qui travaille à la maison ? Comment la valeur s’établit-elle sur ce travail artistique à domicile ? Simple peine pour l’homme artiste, double peine pour la femme artiste dont le métier est qualifié d’occupation de loisir. Être artiste est un métier !

 

Outre la place de la femme artiste à la maison, il y a aussi le choix qui est imposé à la femme de mener sa carrière ou d’avoir des enfants. Pourquoi cette vision d’avoir des enfants est perçue comme négative ? Cela peut devenir un moteur dans la carrière en démontant cette fausse affirmation. D’ailleurs plusieurs femmes* artistes ont intégré leur quotidien privé dans leur création que ce soient les enfants ou autres. 

L’homme cependant ne montre pas ou peu de ce quotidien dans sa création. Il semble qu’il y a un héritage culturel dans lequel les femmes* sont reléguées à ce rôle. Est-ce toujours une problématique contemporaine ? Quelqu’un répond que la situation d’aujourd’hui est encore pire : pour exister en tant qu’artiste, il faut nier sa nature de femme. Même le mot féministe est devenu un gros mot. 

 

Discussion « Création et contraintes contemporaines »

 

Présenter le travail gratuit (muet) de la femme au travers des œuvres montre aussi la difficulté de la création face au temps et à l’argent. 

Il faut créer vite, grand et de manière rentable. Cela fait émerger une problématique : « Comment avoir une qualité dans le travail généralement lent malgré les nécessités et ces contraintes du monde actuel ? Le temps est nécessaire ! »

Cela a un impact sur la définition de l’art qui perd son sens sous la pression du marché.

 

Suggestions

 

Thème pour une prochaine réunion. « Comment fait-on pour vivre (subvenir à nos besoins) " ?

 

Présentation de Camille Lavier 

Présentation de deux installations :

·      Jusqu’à ce que la mort nous sépare ? (2019) 

·      Groundup (2018) 

 

Les installations mettent en scène une métaphore du poids des représentations culturelles contemporaines.

 

perception des contraintes contemporaines et de la multiplicité des références. 

 

Le tout présenté dans un mouvement sans repos alimenté par certains clichés féminins des représentations culturelles occidentales dans une dimension auto-ironique.

 

des symboles féminins ironiques.

 

Du particularisme de l’image de la femme

 

Quand on parle de l’homme, on parle de l’universalité de l’humanité. 

Alors que quand on parle de la femme ce n’est que spécifiquement des seules particularités du féminin. L’expression de la féminité ne permet pas l’accès à la généralité des questions de l’être humain. Le discours sur la femme doit pouvoir accéder à cette généralité.

 

Féminisme, féminité et stratégie

 

Le féminisme se révèle ou non de manière spécifique à chacun. e. Il s’éveille en se confrontant aux problématiques survenant avec le vécu ou l’âge ou l'époque dans laquelle on s'inscrit 

 

Savoir parler de féminisme est aussi une question de stratégie.

Dans un monde où le discours et la personne qui l'énonce ne font qu'un (dans le sens où la personne incarne son discours dans ce qu'elle est alors que c'est totalement erroné, et sont bien deux choses à séparer.), où la nuance se fait rare.

 Peut-être est-il nécessaire pour éviter les écueils de passer par d’autres biais que l’affirmation féministe. 

 

Les revendications de féminités peuvent prendre plusieurs aspects comme l’habillement par exemple. Attention que le féminisme ne doit pas emporter le dessus sur des désirs et des volontés de vivre sa propre féminité.

 

Dans sa manière d’être et de se présenter, la femme se pose la question de savoir comment se positionner (par rapport aux personnes/aux circonstances…). La femme a cette liberté contrainte de devoir s’accorder avec le milieu dans lequel elle évolue. Il est nécessaire de prendre de la distance avec les requis de l’étiquette.

 

Si effectivement, l’art est l’endroit du questionnement, cependant la majorité masculine du corps professoral dans les écoles d’art  ne permet pas d'être confronté à des points de vues peut être plus en tension, à une ouverture plus diversifiée.

 

Et la question de l’identité féminine n’est pas suffisamment représentée.

 

La problématique d’être une femme concerne aussi les hommes. Et vice versa

 

Étiquette, identité et genre

 

Est-ce que l’étiquette[1] est l’identité[2] ? 

Est-ce que l’identité est le métier, la création, le partenaire, les enfants… ? 

Cependant il faut noter que l’étiquette fait structure. L’absence possible d’étiquette interroge. 

 

Une membre nous présente “On ne nait pas féministe on le devient” de Julia Pietri 

Nous sommes à la 4e révolution féministe. C’est le moment de la libération du corps et de la parole et de la remise en question de la société patriarcale. Il faut remettre en question cette société patriarcale pour éviter l’idée de genre défini. Peu importe le genre de chacun. e, cela ne doit pas influencer quoi que ce soit. L’intégrité propre de chacun. e est essentiel. 

Un déplacement de la réflexion est proposé dans laquelle la lutte ne serait pas définie (ndlr : comme la 4e révolution), mais infinie et constante. Cette idée voit le bonheur dans la réalisation d’une ambition d’amélioration constante. 

 

Et nous suggère la lecture de “Sorcières —La puissance invaincue des femmes*” Mona Chollet 2019

 

L’enseignement

 

La majorité masculine du corps professoral dans les écoles d’art influence le discours et les propos. Des statistiques existent : voir Nadine Plateau, groupe Sofia, Les Guérillas girls.

 

La famille

 

La place de la femme artiste professionnelle au sein de la famille est bien souvent entremêlée de devoirs familiaux. Ceci malgré les accords passés entre les parents-époux. La femme est bien souvent encline à prendre plus de responsabilités. Pour certaines la séparation a permis d’établir un cadre plus fixe pour travailler. 

 

Conclusions

 

Les débats très nourris se sont clos après 4 séances de 40 minutes. Il a été décidé de mettre à disposition les enregistrements. Un résumé sera aussi partagé par Bernard. 

 

Deux membres ont présenté quelques-uns de leurs travaux : Eveline de Behr et Camille Lavier

 

Les discussions ont abordé des sujets d’ :

  • Art

    • Création et contraintes contemporaines 

    • Du particularisme de l’image de la femme

  • Politique 

    • Féminisme, féminité et stratégie 

    • Parité dans l’enseignement

  • Sociologie

    • Femme, femme au foyer, mère, femme artiste

    • Étiquette, identité et genre

    • La famille

 

La prochaine réunion aura lieu le premier dimanche de mai 

 

[1] NDLR Identification imposée par l’environnement social

[2] NDLR Identité individuelle